Archives mensuelles : juillet 2015

Stade national: pour René Collin, « on n’a pas dit toute la vérité »

Le ministre des Sports en Communauté française, René Collin, charge lourdement le projet du stade national.

« Comme ministre francophone des Sports, j’ai deux gros problèmes, pour ne pas dire deux gros coups de colère. Un: le risque majeur pour l’avenir du Mémorial Van Damme. Et deux: le processus inéquitable qui se met en place entre les clubs de foot », souligne le ministre dans une interview donnée aux journaux de Sudpresse. Le ministre estime que le club d’Anderlecht est clairement favorisé au détriment d’autres clubs. « Moi, j’appelle d’ailleurs ça le stade d’Anderlecht ! », dit le ministre.

M. Collin dénonce aussi le coût du stade pour les contribuables bruxellois. « On a dit qu’il ne paierait rien, que le stade serait entièrement financé par des partenaires privés. Et à présent, on en est à 4,1 millions d’euros d’argent public par an, qui pourront être déboursés pendant 60 ans ! », précise René Collin. « On part sur une base de 30 ans, mais elle est prolongeable deux fois quinze ans, soit 60 ans au total. La facture finale pourra donc aller jusqu’à 246 millions d’euros ! ».

 

Ixelles ne veut pas payer pour le stade et le piétonnier

La commune souhaiterait sortir de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles. La question devait être discutée au conseil de police mais a été retirée
La commune d’Ixelles, parent pauvre de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles ? Sur les bancs de la majorité ixelloise, on est nombreux à le penser.

« C’est le Petit Poucet face à un mastodonte. Nous sommes minoritaire au conseil de police et en terme de financement, la situation est problématique », commente Gautier Calomne, chef de groupe MR à Ixelles et conseiller de police. « La Ville de Bruxelles est une commune qui a des besoins hyperspécifiques en terme de sécurité. La police doit encadrer beaucoup de manifestations, des sommets européens, des matchs de football, etc. C’est la seule commune du royaume qui est dans cette situation et tout cela a un coût », explique le libéral.

D’autant que le budget ne cesse d’augmenter et devrait encore augmenter considérablement « avec des projets comme le stade national, le piétonnier ou la prison de Haren », s’inquiète encore Gautier Calomne . « Il n’est quand même pas normal que nous payons au prorata pour des missions de sécurité autour du stade, sur le piétonnier ou pour transporter les détenus à la prison de Haren alors que nous n’avons rien eu à dire sur ces projets », estime-t-il.

Un budget en augmentation

Car le financement de la zone se répartit comme suit : 85 % pour la Ville de Bruxelles, 15 % pour Ixelles. Une participation qui, au sens du chef de groupe, est beaucoup trop élevée. « La commune d’Uccle, dont le poids démographique est comparable à Ixelles, paye beaucoup moins. »

Un accord de principe pour une défusion

Mais avec cette répartition, les deux communes convenaient également d’un accord de principe pour une défusion. Mais une commune ne peut quitter facilement une zone de police. Au sens de la loi fédérale sur la réforme des polices, il est interdit de créer de nouvelles zones. « Ixelles pourrait rejoindre une autre zone comme la zone Marlow (W-B, Auderghem, Uccle. »

Pour toutes ces raisons , le conseiller de police proposait de mettre sur pied un groupe de travail pour réaliser « rapidement et efficacement la défusion programmée des deux communes ». Rien n’est moins sûr pourtant, sa question a été retirée hier au conseil de police de la zone au motif qu’il fallait « une concertation préalable ». La question sera discutée, au mieux, à la rentrée.

 

Benoît Cerexhe: « Mayeur met le modèle bruxellois en péril »

Dans l’opposition à la Ville de Bruxelles mais dans la majorité régionale bruxelloise, le CDH ne digère plus « l’arrogance » de la Ville dans une série de dossiers. Le chef de groupe au Parlement bruxellois, Benoît Cerexhe, en appelle au ministre-Président Rudi Vervoort (PS) afin de remettre un peu de concertation dans les relations internes de la capitale. « L’accord de gouvernement est explicite, dit-il. Il préconise des rapports plus concertés entre la Région et les communes en vue de renforcer la cohérence des politiques autour d’objectifs communs. Or la Ville de Bruxelles ne joue absolument pas ce jeu-là. »

En ligne de mire : le bourgmestre socialiste Yvan Mayeur et son échevin des Sports, le MR Alain Courtois. « Ce tandem se prend pour le centre du monde, ‘on décide et après moi les mouches’, c’est à l’opposé de la manière dont on doit envisager la gouvernance de la Région bruxelloise », estime Benoît Cerexhe.

La gifle

Ainsi, le dossier du stade national constitue « une gifle à l’ensemble du monde politique ». « Nous avions tous promis durant la campagne que les pouvoir publics ne metteront pas un euro dans ce projet. La Ville, elle, engage 5 millions indexés pendant 30 ans, ce qui fait un total de 186 millions d’euros. Ceci n’est rien d’autre qu’un subside déguisé à la construction du stade. » La contrepartie de cette manne est jugée « scandaleuse » par le CDH. « On parle de 90 000 places et 6 000 repas VIP alors qu’on fait des économies à tous les étages. »

Le député fustige également l’attitude de la Ville quant au Mémorial Van Damme, « un des seuls événements sportifs d’envergure internationale en Belgique ». « On nous a toujours dit qu’on trouverait une solution. Résultat : Alain Courtois assène qu’en 2020, il n’y aura plus rien. Bruxelles n’accueillera bientôt plus rien puisque le stade national sera à Grimbergen. »

Le piétonnier ? « Je ne suis pas contre mais je lis que les communes voisines de Saint-Josse, Schaerbeek et Molenbeek se plaignent de ne pas avoir été consultées. Elles en subissent pourtant les conséquences directes. Pareil pour l’ouverture des commerces le dimanche à la suite de la reconnaissance du pentagone comme zone touristique. Le boulevard de Waterloo est en zone touristique alors que l’avenue de la Toison d’Or, juste en face, ne l’est pas. Où est la cohérence ? »

N’en jetez plus. « Si toutes les communes agissaient de la sorte, la Région ne serait que la superposition de 19 politiques communales, ponctue Benoît Cerexhe. Est-ce de cela qu’on veut ? Il est temps que le gouvernent mette en œuvre son accord. » Il ne lui reste plus qu’à être entendu par le PS.